Courses et conservation : dates, froid et restes
Deux mentions coexistent sur les emballages et ne veulent pas dire la même chose : la date limite de consommation engage la sécurité, la date de durabilité minimale ne concerne que la qualité. Le reste tient à quelques gestes documentés : un réfrigérateur à 4 °C dans sa zone la plus froide, des restes consommés vite et réchauffés à cœur. Cette page rassemble ces repères pratiques.
DLC et DDM : deux mentions, deux conséquences
La date limite de consommation se reconnaît à la formule « à consommer jusqu'au ». Elle figure sur les denrées microbiologiquement périssables : viandes, poissons, plats préparés frais, produits laitiers frais. Passé cette date, le produit ne doit plus être consommé ni vendu, quel que soit son aspect.
La date de durabilité minimale se lit « à consommer de préférence avant ». Elle concerne les pâtes, le riz, les conserves, le café, les biscuits. Au-delà, le produit peut perdre du goût ou de la texture, mais reste consommable si l'emballage est intact et la conservation correcte.
| Mention | Formule | Après la date |
|---|---|---|
| Date limite de consommation | À consommer jusqu'au | Ne pas consommer |
| Date de durabilité minimale | À consommer de préférence avant | Qualité réduite, consommation possible |
Certains produits n'ont aucune date obligatoire : le sel, le sucre, le vinaigre, les fruits et légumes frais non transformés. Leur absence de date n'est pas un oubli du fabricant mais une exemption prévue par la réglementation européenne.
Le réfrigérateur : 4 °C dans la zone la plus froide
L'Anses recommande de maintenir la partie la plus froide du réfrigérateur à 4 °C au maximum. Cette zone n'est pas la même selon les modèles : elle se situe en haut sur les appareils à froid statique, et se répartit uniformément sur les appareils à froid ventilé. Un thermomètre posé dans l'appareil règle la question en une journée.
- Placer les produits les plus périssables — viandes, poissons, plats entamés — dans la zone la plus froide.
- Garder les fruits et légumes dans le bac prévu, plus tempéré.
- Ne pas surcharger l'appareil, sous peine d'empêcher l'air de circuler.
- Nettoyer les parois régulièrement, en particulier après une fuite de jus de viande.
La chaîne du froid se rompt pendant le trajet du magasin au domicile, surtout en été. Un sac isotherme et un retour direct suffisent le plus souvent. Un produit surgelé décongelé ne se recongèle pas en l'état.
Les restes : délai court et réchauffage franc
Un plat cuisiné maison se refroidit rapidement puis se place au réfrigérateur, couvert, plutôt que laissé à température ambiante. Les recommandations d'hygiène domestique retiennent un délai de consommation de deux à trois jours pour un plat cuisiné conservé au froid. Le réchauffage doit être franc, jusqu'à ce que le plat soit chaud à cœur et non tiède.
Cette précaution n'a rien de théorique : la plupart des intoxications alimentaires domestiques proviennent d'un plat resté trop longtemps entre 10 et 60 °C, la plage où les bactéries se multiplient le mieux. Réduire le temps passé dans cette plage est le geste qui compte le plus.
Les restes de table et les animaux du foyer
Les restes finissent souvent dans la gamelle du chien ou du chat, ce qui pose un problème que peu de gens connaissent. Plusieurs aliments courants pour l'homme sont toxiques pour ces deux espèces, et l'Anses comme les centres antipoison vétérinaires le rappellent régulièrement.
- Chocolat : la théobromine qu'il contient est mal éliminée par le chien et le chat.
- Oignon, ail, poireau, échalote : crus ou cuits, ils s'attaquent aux globules rouges.
- Raisin et raisin sec : associés à des atteintes rénales chez le chien.
- Xylitol, édulcorant présent dans des chewing-gums et pâtisseries sans sucre.
- Os cuits, qui se fragmentent en éclats coupants, et l'alcool sous toutes ses formes.
La composition d'une ration adaptée à un chien ou à un chat sort largement du champ de ce site, et relève du vétérinaire. Nous nous en tenons ici à la liste de ce qui ne doit pas quitter la table pour la gamelle.
En cas de doute sur un aliment
Un emballage bombé, une odeur inhabituelle, une conserve qui siffle à l'ouverture : le produit se jette sans être goûté. Pour un animal ayant ingéré un aliment toxique, les centres antipoison vétérinaires français répondent en urgence, et le vétérinaire traitant reste le premier réflexe.
Questions fréquentes
- Un yaourt périmé de trois jours est-il consommable ?
- Les yaourts portent le plus souvent une date de durabilité minimale, donc une question de qualité. Vérifiez la formule exacte sur le pot : « à consommer jusqu'au » interdit la consommation après la date.
- Faut-il laver la viande avant de la cuire ?
- Non, le lavage projette des bactéries sur l'évier et le plan de travail. La cuisson à cœur est le seul geste efficace, complété par le lavage des mains et des ustensiles.
- Peut-on donner des restes au chien ?
- Certains restes sont sans danger, mais plusieurs aliments courants sont toxiques pour le chien, dont le chocolat, l'oignon et le raisin. En pratique, la ration d'un animal se discute avec un vétérinaire.
Sources
- DGCCRF, fiches pratiques sur les dates de consommation des denrées alimentaires.
- Anses, recommandations d'hygiène domestique et de conservation au réfrigérateur.
- Anses et centres antipoison vétérinaires, communications sur les aliments dangereux pour les animaux de compagnie.
- Règlement européen 1169/2011 concernant l'information des consommateurs sur les denrées alimentaires.